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Personnalité HRI

Ann-Rika Martin : Ça commence... maintenant !

 
12 février 2018 | Par Pierre-Alain Belpaire

Ses coups de couteau ont séduit les juges. Son sourire a conquis le public. Audacieuse, originale et créative, Ann-Rika Martin a brillamment remporté, en septembre dernier, la septième saison de l’émission Les Chefs ! diffusée sur les ondes de Radio-Canada.

Depuis son triomphe, la demoiselle de 28 ans n’a guère eu le temps de souffler. Elle a effectué un stage au Pérou dans un établissement haut de gamme, donné plusieurs conférences dans des écoles secondaires, accumulé les heures dans les cuisines de La Planque, à Québec, ou aux côtés de sa mère dans le café-relais familial de Lévis, O’Ravito… « Et n’oubliez pas les innombrables entrevues, souffle la dynamique cuisinière. Ça fait un horaire pas mal chargé. Le soir de la finale, j’ai compris que je pouvais oublier ce que signifie une vie "normale". Mais entendons-nous bien, ça vaut le coup. C’est juste différent. Une tout autre vie… »

CHROMOSOMES MÉDIATISÉS

Puisque « rien n’est jamais dû au hasard », Ann-Rika Martin rappelle que cette victoire est l’aboutissement d’un long et laborieux parcours. « Si vous saviez le nombre d’heures d’entraînement qui se cachent derrière Les Chefs !, glisse-t elle. J’ai travaillé avec trois lauréats d’éditions précédentes : Guillaume Cantin, Guillaume St-Pierre et Dominic Jacques. Ensemble, on a bossé, bossé et encore bossé. Mais ça, le public ne le voit pas, ne le sait pas. Gagner un concours d’un tel niveau, ça n’arrive pas sur un coup de chance. »

Et ça n’arrive pas non plus parce qu’on est une femme… Pourtant, dans les divers articles et reportages évoquant le succès d’Ann-Rika, nombre de journalistes ont insisté sur cet élément, rappelant que la Lévisienne était la première cuisinière à s’imposer dans cette compétition.

« On a davantage parlé du fait que j’étais une femme que de mon talent ou de mes réalisations, regrette la principale intéressée. Que ce soit clair : je n’ai pas gagné parce que j’étais une femme. Les deux autres finalistes, Romain et Laurent, avaient leurs chances. C’étaient d’excellents candidats, et ce serait dommage de dire qu’ils ont perdu uniquement pour une question de chromosomes. »

Le seul avantage de cette polémique aura sans doute été d’évoquer la place laissée aux femmes dans les cuisines de notre province et le traitement qui leur est réservé. « Ce n’est pas facile tous les jours, confirme celle qui exerce ce métier depuis déjà 14 ans. On nous en demande toujours un peu plus, on nous fait peut-être un peu moins confiance. Et je vous fais grâce de certaines réflexions… Mais, bon, ça forge le caractère ! Si on compare avec d’autres régions du globe, les femmes chefs en Amérique du Nord sont chanceuses. Même si tout n’est pas gagné… »

APPRENDRE ET PARTAGER

Entre son agenda surchargé et son envie de faire plaisir à tout le monde, Ann-Rika souligne que le projet d’ouvrir son propre restaurant ne figure pas à l’ordre du jour. « Pour l’heure, je veux plutôt voyager, emmagasiner de l’expérience et m’impliquer auprès des plus jeunes, confie l’insatiable perfectionniste. Mais je mentirais si je disais que ça ne me trotte pas dans un coin de la tête… »

 
 
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Pierre Birlichi : Relais des vignerons

 
30 janvier 2018 | Par Katherine Boisvert

Pour beaucoup d’experts, le vin doit être abordé sous un angle technique, précis, théorique. Pierre Birlichi, lui, préfère comparer le vigneron à un artiste et le résultat de son travail à une sculpture, une peinture ou une poésie. « Le producteur a envie de connaître les émotions qui nous traversent lorsque l’on boit son vin », explique le président de Raisonnance et importateur de vins privés.

Et le vin, ce Français de 47 ans est tombé dedans quand il était petit. « J’ai eu la chance de grandir dans un environnement de bon vin et de bonne bouffe. » Originaire de Bordeaux, Pierre Birlichi naît dans une famille qui cultive la vigne depuis cinq générations. « Ma grand-mère avait des terres, et mon grand-oncle était dirigeant d’une maison de négoce », explique celui dont la plupart des souvenirs d’enfance sont associés au vin.

Après avoir amorcé sa carrière dans la négociation du café, cet économiste et ingénieur de formation enseigne durant plusieurs années dans de grandes écoles de commerce en France. En 2005, il emménage au Québec et y cofonde, un an plus tard, l’agence Raisonnance.

DU VIN ET DES RESTAURATEURS

Avec une dizaine de collègues, et sous l’impulsion d’Alain Rochard (Le Continental, Rouge Gorge), Pierre Birlichi élabore les bases de ce qui deviendra plus tard le Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées des alcools et des vins, plus connu sous l’acronyme RASPIPAV. Le Regroupement a grandi et compte aujourd’hui 43 agences désirant faire la promotion des vins d’artisans auprès d’une clientèle de connaisseurs, de curieux, mais aussi de restaurateurs.

L’importateur le souligne à maintes reprises : la vocation du RASPIPAV est et sera toujours de « travailler main dans la main avec les restaurateurs ». « Chacun d’entre nous a, dans son portfolio, des vignerons qui veulent être bus, mais qui veulent également que leurs bouteilles se retrouvent sur les plus belles tables, affirme Pierre Birlichi. Et Dieu sait qu’on ne manque pas de belles tables au Québec ! On a une diversité, une créativité et un génie qui ne demandent qu’à éclore. »

En 2018, le choix en importation privée est tellement vaste qu’un bon sommelier doit être en mesure d’offrir au chef ou au propriétaire de son établissement une identité tout à fait unique, martèle avec fierté le président de Raisonnance. Et de rappeler que l’importation privée représente un marché annuel de près de 150 millions de dollars au Québec, soit plus de six millions de bouteilles.

IMPORTER LES TENDANCES

Pierre Birlichi en est persuadé : ce sont les agences qui dessinent les tendances. « On vous amène ce qui sort des sentiers battus, mais également ce qui est réconfortant. » L’importateur rappelle que ce sont les agences qui ont fait découvrir aux Québécois les vins orange, ainsi que les vins nature, biologiques ou biodynamiques. « Si vous voulez connaître les tendances de demain et les vignerons qui vont s’imposer sur les tablettes d’ici deux ou trois ans, venez dans nos événements », recommande-t-il.

Et lorsqu’on le questionne sur la tendance à venir dans le milieu viticole, Pierre Birlichi demeure avare de commentaires. « Vous savez, c’est comme demander à Apple quelle sera sa prochaine innovation… Je préfère la garder pour moi ! »

 
 
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Nancy Lemieux : Silence, ça tourne !

 
9 février 2018 | Par Pierre-Alain Belpaire

Tonnerre d’applaudissements le 28 novembre dernier quand, dans le décor feutré de l’InterContinental Montréal, l’Association Hôtellerie Québec décernait le prix Hôtelier de l’année 2017 à Nancy Lemieux, dynamique aubergiste de la municipalité de L’Islet. Si la propriétaire de l’Auberge des Glacis a raflé cette distinction malgré la farouche compétition offerte par le célèbre Château Montebello et la réputée Auberge des Gallant, c’est grâce à une idée aussi simple que brillante, mise en place à l’automne 2016 : Glacis.TV. « Eh oui, une webtélé dans une modeste auberge située dans un ancien moulin à farine de la Côte-du-Sud… Vous ne rêvez pas », s’esclaffe la lauréate.

Depuis qu’ils ont repris l’Auberge des Glacis voici 11 ans, Nancy Lemieux et son compagnon André Anglehart ont toujours voulu faire affaire avec des producteurs du coin et pousser au maximum la logique d’achat local. Que ce soit pour les viandes, les fruits et légumes ou encore les alcools, le couple a rapidement fait confiance à quelque 70 artisans de la région. Afin de les remercier, de les réunir et de « provoquer de fructueuses alliances », Nancy Lemieux a mis sur pied, il y a quelques années, le Souper des Producteurs. Mais pour aider leurs « partenaires » à se faire mieux connaître, les hôteliers, tous deux anciens journalistes, souhaitaient aller plus loin.

« On a tout simplement décidé de faire des reportages sur ces différents producteurs », explique celle qui officia notamment dans les bureaux de Radio-Canada en Abitibi-Témiscamingue. Grâce à l’aide du MAPAQ et d’une tierce journaliste, Danielle Laforce, les équipes de l’Auberge parcourent leur région, rencontrent leurs fournisseurs et mettent en lumière leur quotidien. « Ce ne sont pas des mises en scène ni de la publicité : c’est un vrai travail journalistique, insiste Nancy Lemieux. La seule condition pour apparaître dans ces clips de quelques minutes est de s’engager à les diffuser sur Facebook. »

À ce jour, quelque 35 reportages ont été réalisés et largement relayés sur les réseaux sociaux. En mars prochain, lorsque le MAPAQ retirera son aide, les hôteliers ralentiront quelque peu le rythme de production et se pencheront davantage sur des problématiques concrètes, comme la distribution ou les tendances. « Mais il est clair que nous continuerons, promet Nancy Lemieux. Pourquoi je mets autant d’efforts pour faire connaître ces producteurs ? Parce que ce sont mes attraits touristiques ! »

AVANT L’HEURE

Ces efforts et cette audace n’auront pas uniquement fait sourire les producteurs : ils auront également convaincu et séduit une clientèle toujours plus fidèle. « Pour certains, venir chez nous s’apparente désormais à un véritable pèlerinage », relève la propriétaire de l’Auberge qui célébrera, l’an prochain, ses 40 ans d’existence.

Pour expliquer le succès de son établissement, Nancy Lemieux multiplie les compliments et remerciements. Elle salue l’œuvre des précédents propriétaires, le cuisinier Pierre Watters et son épouse Micheline. Elle loue le sérieux et l’imagination de son chef, Olivier Raffestin. Elle félicite ses employés, « une incroyable équipe presque inchangée depuis 10 ans », et glisse au passage quelques amabilités sur les visiteurs, « toujours prêts à émettre des commentaires positifs et des suggestions constructives ».

Et lorsqu’on lui rappelle qu’elle-même ne doit pas être totalement étrangère aux bons résultats de l’Auberge des Glacis, la dame répond, dans un souffle, que sa meilleure idée fut sans doute de ne jamais suivre les tendances et les modes. « J’ai gardé mes nappes blanches. J’ai acheté “québécois”. J’ai fait confiance aux producteurs de la région. J’étais à la mode avant l’heure, sourit-elle. Au fil des ans, j’ai bien sûr apporté certaines modifications, comme l’organisation de conférences, de concerts ou d’ateliers de mixologie, mais en veillant toujours à ce que l’auberge conserve son authenticité, conclut celle qui assure ne pas regretter sa vie de journaliste. J’ai aujourd’hui le meilleur des deux mondes. »

 
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